collection de léo nardus

Léo Nardus : collection volée

Tout au long de son séjour aux Etats-Unis, Léo Nardus avait réussi à se constituer une collection d’oeuvres d’art de tout premier ordre; cette dernière était composée de 155 pièces.

On y retrouve les noms de Rembrandt, Rubens, Hals, Botticelli et de nombreux primitifs italiens.

A son départ en 1921 pour la Tunisie, le climat de l’Afrique du Nord n’étant guère propice à la conservation et au transport de telles œuvres, Léo Nardus confia sa collection à son ami de longue date Arnold Van Buuren.

Lors de l’invasion de la Hollande pendant la seconde Guerre Mondiale, la famille Van Buuren qui était juive, fut arrêtée et déportée au camp d’extermination de Sobibor où ils moururent en 1943. Les deux enfants du couple réussirent à sauver leur vie.

La collection avait été saisie en même temps que d’autres grandes collections, comme celles de Boymans, de Boer, etc.

Certaines toiles furent vendues par les nazis. D’autres devaient rejoindre les stocks de certains dignitaires du Reich comme Goering.

Lorsque la guerre fut terminée, Nardus, ruiné, envoya sa fille cadette Flory pour essayer d’effectuer des recherches. Mais très vite, elle comprit la difficulté de la tâche; les malversations de certains personnages de l’état hollandais en charge de la récupération artistique ne l aidèrent pas.

 

tableaux de léo nardus

 

Dans le même temps, les enfants Van Buuren avaient essayé de récupérer des œuvres pour leur propre compte et il est bien difficile de dire aujourd’hui s’ils arrivèrent à leur fin.

Flory, devant la difficulté et le manque de fonds nécessaires à ce type d’opération, s’entoura de personnages peu recommandables qui mirent de l’argent à disposition contre la signature de contrats.

Dès lors, la collection ne semblait plus être la propriété de Nardus et en 1953, une première vente d’oeuvres ayant appartenu à la collection Nardus est organisée à Paris par l’une des personnes ayant escroqué la famille Nardus avec des contrats plus que litigieux.

Flory essaya de bloquer cette vente mais fût déboutée en justice car elle devait de l'argent au dit escroc qui comptait rentrer dans ses fonds.
A partir de 1953, plus aucun tableau de la collection ne fût retrouvé, ni restitué à la famille Nardus.

C’est dans les années 1980 qu’un chercheur indépendant, Patrick Neslias, reprit l’affaire et réussit à prouver que l’escroc avait bien reçu l intégralité des fonds en 1953 avant la vente et que ce dernier avait, pendant la guerre eu des rapports très étroits avec les nazis…

Dans le même temps, il localisa quelques toiles de la collection dont deux furent restituées en 2009 par l’État Hollandais après qu’un recours fut déposé. À ce jour, des toiles sont localisées et des négociations sont en cours pour d’autres.

TF1 a choisi de réaliser dans son émission « Reportage » un portrait de Patrick Neslias à la recherche de la collection volée.

 

 

 

 

Léo Nardus