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Léo Nardus : Sa vie

Leonardus Salomon est né à Utrecht le 5 mai 1868.
Il est le fils de l’antiquaire Manus Salomon et de Catharina Alida Berlÿn.

Par arrêté royal n°91 en date du 20 février 1911, il a pour lui et sa famille l’autorisation de changer son nom. Il sera désormais Léo Nardus.
C’est sous ce nom qu’il va s’imposer en tant que peintre impressionniste hollandais, marchand d’art, collectionneur et financier, mais aussi en tant que grand sportif.

Sélectionné en 1912 pour les Jeux Olympiques de Stockholm avec l’équipe d’escrime des Pays-Bas, il obtient la médaille de bronze dans la discipline de l’épée.
Par ailleurs, Léo Nardus est un amateur avisé du jeu d’échecs ; il est aussi un grand mécène sur le plan mondial. Enfin, c’est un passionné d’opéra ; il a, de surcroit, une très belle voix.

Il commence à étudier la peinture à l'Académie royale des beaux-arts d'Amsterdam sous la direction de Sylbran Altmann. Il aime surtout peindre des portraits et des scènes de genre. Après Amsterdam, c’est à Paris qu’il s’installe ; il travaille chez un marchand d’art : Stéphane Bourgeois (son futur beau-père).

En 1889, accompagné de son ami Michel Van Gelder, il se lance dans une expédition en Argentine dans la région du Chaco pour y chercher de l’or. L’expédition sera un échec ; les deux amis rentrent en France dans l’urgence.
De retour à Paris, il retrouve la maison de vente de Stéphane Bourgeois  qui l’envoie aux États-Unis pour répondre à la demande toujours plus excessive des millionnaires américains. Il gardera de solides amitiés avec J.P. Morgan et avec M. Van Horne, président de la Canadian Pacific.

Il épouse à Londres (Kensington) en juin 1904, la fille de l’antiquaire Stéphane Bourgeois. De cette union, naissent deux filles : Léa en 1905 et Flory en 1908. Toute la famille vit alors au Château d’Arnouville les Gonesses dans la banlieue parisienne. Il s’installe ensuite à Suresnes dans un petit château aujourd’hui disparu. Il est surnommé à cette époque « l'homme aux Cinquante Millions ».

En mai 1907, il expose pour la première fois à Paris à la galerie de Paul Rosenberg. Parmi les œuvres exposées : un magnifique portrait du violoniste espagnol Costa. Mais Léo Nardus trouve aussi son inspiration, comme son ami le peintre Isaac Israels, et comme le fit aussi Vincent van Gogh avant lui, sur les plages et dunes de Scheveningue (Hollande) ; il y peint abondamment les paysages et les habitants de cette cité balnéaire.

1911 est l’année de son divorce avec Hélène Bourgeois ; la procédure dure une dizaine d’années. Il engage alors une jeune gouvernante charentaise née à Brillac (16) : elle devient rapidement le personnage central de sa vie. Personne n’a pu affirmer avec certitude quelle fut la teneur de leur relation.
À partir de cette période, Nardus va se remettre à peindre de manière effrénée et à beaucoup voyager : en Égypte (1900-1904), en Italie(1912),
en Algérie (1913-1914-1915), en Espagne, à Barcelone (1913-1915), à Londres (1904) où il noue des liens d’amitié très forts avec le célèbre Eugène Sandow (père du bodybuilding). Sa destination préférée est sans contexte la Tunisie qu’il visite en 1899-1900-1912-1913.

Si Léo Nardus s’est enrichi sans trop de scrupules aux États-Unis, il faut souligner la générosité dont il a fait preuve toute sa vie. Le 23 Janvier 1917, avec le célèbre peintre Breitner, il vend aux enchères, au profit de la Croix-Rouge française et belge, un grand nombre de ses œuvres : portraits de gitanes et de toreros espagnols, de picadors mais aussi de joueurs d’échecs comme le célèbre Franck Marshall ou le champion Emmanuel Lasker.
Cette vente de 57 toiles permettra l’achat d’un véhicule ambulance qui servira à récupérer les blessés de la Grande Guerre ; ce véhicule sera baptisé du nom de « Léo Nardus ».

Au fil des années, il a constitué une importante collection privée de peintures anciennes (italienne, espagnole et hollandaise). Certaines seront offertes à différents musées dont : le musée de Leiden, le Louvre, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles ou encore le Prado.

Mais la générosité de Nardus va bien au-delà du monde de l’art. Passionné du jeu des échecs, il va en être un grand mécène. Ami de Franck Marshall tout au long de sa vie, il fut aussi le sponsor d’un joueur français d’origine polonaise David Janowski. Il organise des parties d’échecs fortement dotées à Paris. Il y bat Franck Marshall. Lors d’un tournoi, Nardus proposa une alternative à une parade annoncée par Janowski  qui lui répliqua : « vous êtes un idiot », ce qui donna ensuite le titre de la chanson « the idiot » par Iggy Pop...
Ce fut la fin de la collaboration Nardus/Janowski.

 

maison léo nardus

 

En 1921, son divorce enfin terminé, Nardus décide de s’installer définitivement en Tunisie ; ce sera à la Marsa, cité balnéaire de la banlieue de Tunis. Il fait construire un palais en marbre rose qui sera démoli en 1991. Avant de quitter l’Europe, Nardus confie sa collection d’œuvres d’art à son ami Arnold van Buuren pour la protéger du climat d'Afrique du Nord.

Nardus vit alors en autarcie. Il ne participe que très peu à la vie tunisienne. Il peint un grand nombre de toiles et les offre sans se soucier de leur valeur marchande.
En 1940, la collection de Nardus est saisie en Hollande chez Van Buuren. Déporté avec son épouse, ce dernier décédera en 1943 au camp de concentration Sobibor.
Dès lors, l’aisance financière de Nardus n’est plus. La vie commence à être difficile. Il va même jusqu’?vendre sa propriété en viager.
Le 12 juin 1955, il meurt dans sa magnifique résidence avant qu’il se soit obligé de la quitter.

Léo Nardus